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Pierre Gouin
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Denis Roschlau
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Fabrice Quintaine poursuit : "Après
une saison en double-commande, et une fois lâché,
le pilote suivra le Tracker d'un leader instructeur. Les saisons
suivantes, il passe à l'avant et assure le renseignement
et le guidage des 2 appareils - on ne parle plus de patrouille
! -, sous la vigilance de l'instructeur en numéro 2."
Didier
Poulain, chef du secteur entraînement et contrôle
- assurant la formation des personnels, les stages, et la
coordination sur les grosses opérations
- conclut
: "Notre schéma de formation est le fruit de
l'expérience acquise au fil des ans. Très progressif,
il est un gage de sécurité, car le danger existe
même pour le plus expérimenté d'entre
nous. Nous oeuvrons également pour la sécurité
des gens au sol. Un temps seuls aux commandes du Tracker,
nos pilotes auront pris de plus en plus de responsabilités
et acquis une grande connaissance de la lutte aérienne
contre l'incendie. Ils regagneront les Canadair en tant que
chefs de bord où ils transmettront leur expérience
à leurs jeunes copilotes".
Le
S-2 Tracker Firecat
Le Tracker est un avion robuste
puisque destiné à l'origine pour être
embarqué sur porte-avions. Sain en vol, l'appareil
prévient avant de décrocher, vers 90 kts. Aujourd'hui
équipés de turbines, l'avion T2 reste l'exception
dans la flotte de la Sécurité Civile
Le
Firecat travaille en général à 180 kts,
pour larguer entre 100 et 140 kts. "Il n'est pas toujours
évident de maintenir 120 kts pour larguer sur un feu
bas dans le massif Corse, et nous aurions plutôt tendance
à remettre des gaz
Mais un largage à une
trop grande vitesse serait parfaitement inefficace. Des moments
sont parfois délicats et nous nous battons pour trouver
la passe raisonnable et efficace", témoigne
Fabrice Quintaine. Malgré cela, les contraintes - altitude
des largages, degré d'urgence, ou météo
- occasionnent parfois quelques frayeurs, reconnaissent les
pilotes pourtant chevronnés et particulièrement
soucieux de ne prendre aucun risque. Durant la saison 2005,
les bombardiers d'eau auront subi 3 crashes et Marignane déplore
le décès de 4 pilotes accomplissant leur devoir.
Les
Tracker emploient en général un produit retardant.
Il s'agit d'un agent chimique qui par effet de pyrolyse abaisse
la température. L'effet d'une charge équivaut
à celui de 5 charges d'eau. "Nous larguons
franchement dans le vert"
Traduisez : l'eau
est larguée sur les flammes, afin de les étouffer
; le retardant est lâché en avant d'elle. Le
feu vient ainsi buter contre un mur d'agent qu'il ne franchira
pas. Les Tracker volent espacés de 500 à 1000
mètres. Ainsi les pilotes peuvent observer le résultats
des passes de l'avion qui les précède - observation
facilitée par la couleur rouge donnée au retardant
-, et corriger le cas échéant à chaque
passage. Fabrice Quintaine : "Savoir se présenter
pour attaquer la cible, c'est aussi savoir par où dégager,
en envisageant également les possibilités de
pannes
Dans la prise en compte des obstacles - à
cause desquels nous évitons autant que possibles les
fumées -, le rôle des pompiers, qui connaissent
parfaitement leur région, est indispensable."
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Stéphanie Thibault
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Pierre Gouin
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Les Tracker doivent se poser pour
ravitailler. Les pélicandrômes sont équipés
à cet effet. 3 servants emplissent les appareils :
3 tonnes de produit en 2 minutes, le tout moteurs tournants
! A nouveau, les précautions sont redondantes, avec
de multiples contacts radio et un servant guidant la manuvre.
Si dans les textes, les bombardiers d'eau ne bénéficient
d'aucune priorité, l'urgence et la fiabilité
des équipages permet souvent de s'affranchir en toute
intelligence de quelques contraintes. Capables de s'intégrer
rapidement dans le trafic, et de se poser court, les contrôles
d'approche des aéroports ne font, par exemple, pas
patienter les Tracker à l'atterrissage. Dans la lutte
contre le feu, gagner du temps est un enjeu majeur pour tous
!
Turbo
Tracker © Stéphanie Thibault
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Les Firecat sont très mobiles
et sont prépositionnés selon les besoins : Marignane
évidemment, mais aussi Bastia, Cannes ou Carcassonne
accueillent les détachements. "L'alerte peut
retentir du lever au coucher du soleil. L'an dernier, j'ai
décollé vers 10 heures pour un feu dans les
Alpes Maritimes. Après un premier contact radio en
route, nous sommes déroutés pour l'Ardèche
où nous traitons un incendie prioritaire. Nous rechargeons
et sommes appelés sur Bordeaux où nous resterons
48 heures
sans même une brosse à dents
!", plaisante Fabrice Quintaine. Dans cette région
plate, chaque petite bosse prend son importance. Les pins
hauts obligent cette capacité à réagir
et à s'adapter à tout type de situation qui
définit au mieux les qualités nécessaires
aux pilotes des Tracker de Marignane !
Par
leur effet de masse, les avions bombardiers d'eau sont devenus
indispensables pour lutter contre l'incendie. La base de Marignane
a bâti ses doctrines d'emploi actuelles au prix de la
sueur et parfois de la vie de ses pilotes depuis plus de 5
décennies. A l'instar de la mécanique qui fournit
un travail exemplaire pour rendre la flotte disponible, la
lutte contre le feu exige un don de soi inconditionnel.
Chargés
spécifiquement du Guet et de la prévention,
la section Tracker peut s'enorgueillir d'intervenir sur 75%
des feux naissants avec un taux de réussite de 85%,
ceci représente 5% des surfaces brûlées.
L'équipe
Net-Aviation
Illustrations
: Pierre Gouin, Stéphanie Thibault, Tom Conway
www.Tracker-France.com
et www.au-secours-de-la-foret.fr.st
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