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SECTEUR TRACKER

- Le guet aérien armé -

Le GAAR (Guet Aérien Armé) évoque, sous un aspect guerrier, la mission spécifique des pilotes des bombardiers d'eau Tracker de la Sécurité Civile. Patrouillant par deux, les " Firecat " maraudent aux périodes sensibles à l'affût de la moindre fumée.Moins médiatiques que les Canadair, leur efficacité dans leur tâche de prévention et de première intervention, dans des contextes souvent délicats, est digne du plus grand respect.Visite au secteur Tracker de Marignane…

 

Dans une chaîne de lutte contre l'incendie

On voit souvent les Tracker engagés sur des incendies de grande importance, aux côtés des CL-415 ou des gros porteurs de la Sécurité Civile (deux Dash8 Q400 ont été récemment acquis), les Beech 200 coordonnant la noria sur zone. Mais les Tracker, c'est avant tout les ¾ des feux naissants traités, avec 2 appareils sur place en 10 minutes ! En saison feu, une carte est établie en fonction des risques ; les appareils sont prépositionnés et assurent une garde en vol, permanente si la situation l'exige.

Turbo Tracker - largage fractionné de retardant - © Stéphanie Thibault
© Stéphanie Thibault

Si un départ de feu est repéré - par l'appareil, par un moyen dédié (vigie, patrouilles au sol…), ou encore par un quidam qui aura alerté les pompiers - c'est au Tracker que revient la tâche d'évaluer l'importance du feu avant d'engager les moyens de lutte. Lui-même pourra décider d'un largage, mais étant obligé d'atterrir sur un " pélicandrôme " pour remplir ses cuves, ce choix doit être pertinent. Dès lors que des moyens sont engagés au sol, un pompier devient maître des opérations. Si l'avion peut le conseiller, c'est au chef des opérations de secours qu'appartient la stratégie. Le bombardier d'eau sera contrôlé jusqu'à l'objectif qui lui sera assigné ; tout largage n'aura lieu que sur autorisation après contact au sol. 25% des départs de feux ne peuvent être jugulés : dans les zones découvertes, suivant le temps de réaction incompressible, ou selon les conditions météo… Les moyens de Lutte sont alors engagés. Les Tracker profitent de ce laps de temps pour recharger et attaquer le feu jusqu'à l'arrivée des Canadair. En général, les S-2 se retirent alors au profit du Guet, sauf si le COS les estime nécessaire pour la Lutte.


© Secteur Tracker

© Secteur Tracker

Fabrice Quintaine, pilote : "Chaque vecteur aérien dispose de ses moyens propres. La coordination se révèle également nécessaire du fait des performances différentes et des objectifs particuliers qu'on nous assigne. Des schémas sont évidemment établis, mais il faut souvent s'adapter. Dans le cas de différents chantiers à traiter, le choix se portera sur le plus dangereux." Et le calque français semble efficace. En près de 20 ans de guet, et pour un nombre constant de départs de feux, une surface moindre de 15% est brûlée. Les exercices à l'échelle européenne font d'ailleurs largement appel aux techniques de la sécurité Civile.

 

Pilote bombardier d'eau

"Mon métier est ma passion ; en plus, je vole utilement ! Le pilotage est souvent physique et pourtant il doit rester fin. J'apprends à chaque vol et à chacune de nos missions, la prudence est un enjeu dont notre vie n'est pas seule à dépendre."

Ainsi Fabrice Quintaine se prête-t-il à la question délicate de résumer sa profession en quelques mots. Ce dernier, comme la majorité de ses collègues, est un ancien pilote de chasse, issu pour sa part de l'armée de l'air.

Bruno Guillot, chef de secteur : "Nos pilotes sont certes aguerris, mais le métier de bombardier d'eau est particulier. La formation sera axée sur 3 points : la sécurité des passes en premier lieu, puis leur précision, et enfin la compréhension du feu, donc l'aspect tactique. A cette fin, nos pilotes reçoivent une formation feu et subissent un test les rendant aptes à guider une colonne de pompiers. Il faudra plusieurs saisons en place droite sur Canadair, avec un commandant de bord particulièrement expérimenté, avant d'accéder aux commandes du Tracker, monopilote, appareil sur lequel la qualification bombardier d'eau sera délivrée. Le métier est notamment différent au niveau de la prise de décision étant donné le temps nécessaire à recharger l'avion et le rendant indisponible. Nous avons également 3 fonctions : intervenir évidemment, mais aussi détecter au préalable, et enfin renseigner l'organisme de tutelle dont nous sommes les yeux."

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