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Instructeurs
Les
cadres de l'EAC sont issus de toutes les unités de l'armée
de l'air : défense aérienne, attaque, reconnaissance,
forces stratégiques. Dans la carrière d'un pilote
recruté parmi les officiers sous contrat (OSC), on comptera
en général deux passages dans les écoles pour
assurer la formation. (les officiers de carrière n'effectuent
pas de passage systématique dans les écoles, si ce
n'est dans les postes d'encadrement)
Frank
Masinski, 3000 heures de vol, pilote de Mirage 2000D à l'escadron
3/3 Ardennes, avait déjà assuré en 91 le rôle
d'instructeur sur Fouga Magister. "2 vols et 4 simu assurent
la transformation machine. Puis les 2 premiers mois, nous recevons
notre formation pédagogique au 6ème escadron. Nous
devons apprendre à exécuter tout ce qui sera demandé
à nos stagiaires et nous devrons évidemment pouvoir
tout démontrer. Puis nos formateurs (testeurs) nous confrontent
aux comportements des élèves en jouant leur rôle.
Nous sommes particulièrement sensibilisés à
la sécurité des vols. Cependant notre expérience
nous permet d'être en veille permanente tout en assurant nos
fonctions pédagogiques. Et les élèves atteignent
leurs limites bien avant nous !"
"J'ai
passé autant de temps en tant que chasseur qu'en tant que
moniteur
Ces deux métiers sont différents. Notre
mission consiste à transformer un élève sur
Alpha Jet en quelques mois et de l'emmener assez loin en vol solo.
Nous sommes des guides très actifs. Transmettre le programme
est une lourde tâche. Nous devons penser à tout ce
que nous disons, analyser, réguler, en nous adaptant à
chaque situation et à chaque élève. Mais nous
avons aussi pour charge de transmettre notre passion et le goût
du vol ! Pour cela, chacun à sa manière, s'investit
pour ses élèves. Mais notre objectivité reste
notre première qualité."
Sébastien
Ramon - issu du 2/12 est à Tours depuis 1999 et totalisant
2200 heures de vol dont 1200 sur Alpha Jet - poursuit : "On
demande aux stagiaires de l'école de progresser à
un rythme imposé, et donc de travailler sous pression. Mais
autour d'une base didactique commune, l'instruction reste la transmission
d'expérience humaine. Il n'y a pas de binôme moniteur-élève
fixe. Ceci favorise l'enrichissement de chacun par la rencontre
de différentes sensibilités
et ainsi se crée
l'esprit de groupe." Tous les instructeurs s'accordent d'ailleurs
sur ce point : connaître tous les élèves est
indispensable à un enseignement de qualité.
"En
tant qu'enseignants, nous savons encourager ; nous savons aussi
pointer les points délicats ou être plus exigeants
si l'élève est à l'aise. Nous devons former
un pilote que nous enverrons voler seul en toute confiance. Et si
notre position est dominante, nous ne perdons pas de vue que nous
formons ceux qui deviendront rapidement nos équipiers au
combat !"
"Notre
passage en école est aussi très formateur sur le plan
personnel. Nous capitalisons également de nombreuses heures
de vol profitables pour le retour en escadron ops
où
nous devrons à notre tour potasser pour nous remettre dans
le bain ! C'est aussi pour cette raison que nous nous sentons aussi
investis dans la réussite de nos élèves, tout
comme nous l'apprécierions nous-mêmes. Cela peut paraître
caricatural, mais le simple sourire d'une élève après
avoir surmonté une difficulté est gratifiant. Et c'est
toujours une fierté lorsqu'un élève nous demande
de lui remettre son macaron !"

A
la fin de la journée les élèves, toutes promotions
confondues - donc à plusieurs stades de la progression -,
et les instructeurs - jeunes sous-chefs de patrouille sortis de
Tours 3 ans auparavant, ou totalisant 15 ans de carrière
et quelques missions de guerre !- peuvent se rencontrer au bar de
l'escadron. Lieu d'échanges privilégiés, on
peut tout y partager : parler d'avions bien sûr, s'informer
sur le futur, obtenir des réponses techniques
mais
aussi parler de soi, s'ouvrir, se soutenir
Avec pour tous
un point commun : la conscience d'avoir un métier exceptionnel
!
Autour
de l'escadron
Au
cours de leur formation, les élèves pilotes et NOSA
réalisent 30% de leurs missions sur simulateur. De 8 à
17 heures chaque jour, 10 moniteurs-simu assurent le fonctionnement
de ces outils pédagogiques essentiels
et rares sont
les créneaux laissés libres puisqu'ils tournent 5000
heures par an ! La mission de l'unité comprend la découverte
du vecteur, l'orientation spatiale, la gestion des pannes, le vol
sans visibilité
Toute mise en situation est briefée
et débriefée comme le vol réel, et évaluée
selon les mêmes critères. Les moniteurs disposent de
3 écrans : la représentation du visuel du pilote et
la trajectoire de l'appareil par rapport au sol, et 2 copies des
instruments et de l'équipement. Une interface permet de communiquer
avec la machine, et toutes sortes de paramètres peuvent être
programmés. Pour la formation des navigateurs, ce sont les
moniteurs-simu qui commandent l'Alpha Jet depuis leur poste. "Un
outil très utile, notamment pour s'habituer à l'environnement
de travail et pour se préparer à réagir dans
les situations extrêmes, et complémentaire du réel
auquel il ne peut se soustraire", s'accordent à penser
les pilotes et les personnels du service.
A
Tours et Avord, d'autres passionnés ont eu le plaisir de
nous faire découvrir leur travail. Il s'agit des contrôleurs
aériens ! A la vigie se relaient 3 d'entre eux à 3
postes : roulage, air-sol (secteur de 10nm / 2000ft), et chef de
vigie. A l'approche, 2 postes de percée avec prise en compte
des appareils en limite de zone et guidage selon le type de percée
défini, et 1 poste pour la montée des appareils jusqu'à
leur transmission aux organismes voisins. Reste également
le poste du directeur d'approche qui dispose d'une vision globale
de la situation et répartit les avions.

Le
contrôleur à l'instruction (après sa formation
en école) est parrainé et travaille toujours en binôme.
De plus en plus autonome, il est lâché progressivement
pour être qualifié opérationnel. Il passera
ensuite premier contrôleur, puis maître contrôleur,
gagnant à chaque étape plus de responsabilités.
Il pourra ensuite assurer les fonctions de chef de quart puis de
chef d'équipe
Bien qu'éloignés des escadrons
et isolés dans leur tour de contrôle, les rapports
avec les équipages restent privilégiés et de
petites visites des uns chez les autres permettent de resserrer
les liens. "Travailler ensemble n'en devient que plus agréable
et efficace !", nous confient-ils.

Au
cours de leur passage à l'Ecole d'Aviation de Chasse, les
jeunes stagiaires de l'armée de l'air doivent acquérir
en 110 heures de vol les connaissances théoriques et techniques
qui leur permettront d'achever leur formation à Cazaux.
Qu'importent la charge de travail, les sacrifices, les remises en
question
l'écoute, la compréhension mutuelle,
le soutien des camarades et des instructeurs participent à
franchir les épreuves.
Le point de mire : les ailes qui marquent l'accès concret
à leur métier de pilote ou navigateur de combat.
Deux points communs à tous les aviateurs que nous avons rencontrés
: la motivation et la passion pour une profession qu'ils savent
exceptionnelle !
L'équipe
Net-Aviation
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