ECOLE
D'AVIATION DE CHASSE

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Aux commandes de l'Alpha Jet -
(PARTIE 1)
Tours
est une base mythique, équivalant pour la chasse à
Avord pour le transport. Entre les deux bases, les amitiés
entre les jeunes aviateurs sont fortes : il y a quelques mois encore,
ils se côtoyaient au quotidien à Cognac ou Salon-de-Provence.
Ce n'est qu'à l'issue de leur passage sur ces bases qu'ils
sont orientés vers une spécialité. A son tour,
l'Ecole d'Aviation de Chasse nous a permis de rencontrer les chasseurs
de demain. Les stagiaires et les instructeurs nous font partager
leur passion.
Mission
au profit d'un navigateur
L'élève
navigateur Christophe Leva est à Tours depuis quelques semaines.
Son 11ème vol sera l'une des premières missions de
la journée. Le profil lui en a été donné
il y a un peu plus d'une heure. Avec les détails dont il
dispose, il doit préparer sa mission dans les moindres détails.
Vincent Bay, pilote de Mirage 2000N, son instructeur : "Cette
mission a pour but la découverte et l'utilisation de la carte
au 1/100.000. Nous avons deux objectifs à traiter, c'est-à-dire
en ce qui nous concerne, à filmer. Lorsque l'élève
est un navigateur, c'est lui qui dirige l'avion : le moniteur n'est
qu'un cocher obéissant - mais très vigilant ! -. La
préparation ne tolère pas l'approximatif. Elle doit
permettre à l'élève d'agir ou de réagir
en direct. Voler avec précision à 420kts / 500ft s'acquiert
grâce à la pratique certes, mais avant tout grâce
à un travail assidu et rigoureux au sol !"
"Tout
est bleu et blanc", les conditions météo en terme
de plafond et de visibilité autorisent la mission. Venin
41 décollera à 10h15. Le briefing est très
éducatif, avec détaillé le détail des
actions dévolues aux deux hommes. "Après le
tour avion, le premier qui s'installe contacte Corrida (le directeur
des vols)". Mise en route, actions vitales, procédures
pour le décollage en piste 20
Dans les locaux du 1er
Escadron d'Instruction en Vol, la mission semble déjà
avoir débuté.
Le
moniteur s'assure de la validité des choix qu'a faits son
stagiaire dans la navigation elle-même. Christophe Leva :
"Pour ce qui est de la sécurité, tout est
très précis et le choix de nos actions est limité.
En revanche, la navigation pure peut être plus subjective
et soumise à notre jugement. Le choix du Point Initial et
l'identification du " target " sont un enjeu majeur pour
chaque mission. La carte nous permet de choisir au sol les repères
pertinents afin d'identifier au plus tôt le PI
Ensuite,
tout est histoire de rigueur : prendre le cap précis, repérer
les bons éléments et acquérir le visuel de
la cible le plus rapidement possible."
Vincent
Bay participera activement pour le premier objectif. "Pour
le second, nous confie-t-il, j'inciterai le navigateur à
guider mon regard et l'avion jusqu'à un target que je peinerai
volontairement à voir ! Je ne souhaite aucunement piéger
mon élève, qui est d'ailleurs informé de mes
intentions. Ceci l'oblige à parler avec concision et à
choisir des éléments extérieurs très
nets pour apporter une aide efficace à son pilote. En escadron
opérationnel, précise-t-il, nos cibles sont bien plus
délicates à repérer que les cibles "pédagogiques"
que nous choisissons pour la formation.
La
difficulté croît évidemment avec l'expérience
et l'aisance des stagiaires."
Sont
enfin abordé les procédures en cas de panne, les déroutements
éventuels, l'activité des zones militaires et civiles
(les planeurs notamment requièrent une vigilance toute particulière
!). L'accent est mis sur l'écoute et la transmission méthodique
des messages auto-info (à chaque point tournant, les aéronefs
militaires indiquent leurs positions, cap, altitude et vitesse à
des fins de sécurité). Resteront 230 litres de carburant
qui seront mis à profit sur le chemin du retour pour effectuer
une navigation impromptue de point en point.
Retour
de mission
Le
retour de l'avion à Tours ne marque pas la fin de la mission
et le niveau de concentration de l'élève ne faiblit
pas. Son instructeur lui demande de tracer sur la carte les lieux
effectivement survolés, de mémoire. Quelques régulations
: le tracé initial n'évitait pas suffisamment une
antenne et une autoroute (qu'il est interdit de suivre). Quelques
éclaircissements également sur les choix des axes
d'attaque : l'évitement des villages pour ne pas occasionner
de nuisance aux riverains est une raison satisfaisante. Les PI,
très visibles car plus grands que les objectifs, sont très
opérationnels.
"Aucune
mission n'est une formalité, nous confie Christophe Leva.
La simplicité des premières missions n'est qu'apparente
: ici, tout va vite. L'Alpha Jet en premier lieu est presque aussi
rapide qu'un avion de combat et le paysage défile ! A nous
d'être efficace à chaque instant et de ne rien manquer
pour ne pas prendre de retard. Les exigences de la progression croissent
également rapidement, avec toutes les connaissances à
assimiler et les compétences à acquérir."
"Pour
chaque mission, si bien préparée soit-elle, l'environnement
apporte toujours son lot d'imprévu ! Aujourd'hui un fort
trafic militaire a généré une grande densité
de communications radio. Restent également les " inputs
" de l'instructeur, à savoir les difficultés
formatrices qu'il intègre à la mission. A l'issue
de ce vol, le bilan est le suivant : je dois apprendre à
être plus directif et m'assurer que le cap et la vitesse que
le pilote imprime à l'avion sont ceux que j'ai définis.
Je dois aussi travailler sur mes annonces : être plus véloce
sur les messages auto-info et en finale sur les runs."
Lors de la prochaine mission, les moniteurs devront pouvoir observer
une progression dans ces domaines.
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