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Elèves
étrangers
Les
lieutenants Diarra, 23 ans, et Chakoua, 25 ans, sont malien et camerounais.
Tous deux ont suivi le cours spécial de l'école de
l'air pendant 2 ans et demi après avoir passé le concours
au pays. Ils sont destinés à des hautes fonctions
de commandement dans leurs armées respectives. A l'issue
de l'EAT, ils sont appelés à prendre les commandes
d'Antonov 24 pour le premier, et de Navajo, voire de Hercules pour
le second.
Claude Chakoua nous confie : "Nous
sommes des privilégiés car nous avons la chance d'avoir
été sélectionnés pour recevoir notre
formation en France. Mais nous ne disposons d'aucun traitement de
faveur. L'enjeu pour nos nations, est de faire de nous des officiers
spécialistes et nous portons sur nos épaules cette
pression, mais aussi cette fierté. Quant à notre objectif
personnel, c'est évidemment recevoir nos ailes !"
Alou Boï Diarra : "Cette
impression de progresser très rapidement compense le temps
nous paraît parfois long loin de chez nous
en particulier
à Avord où les distractions sont très limitées
! Quelques vols d'initiation, puis la formation sur Epsilon où
chacun travaille pour lui - même si l'entraide est de rigueur,
il n'y a qu'un pilote aux commandes !-, et nous passons sur Xingu."
"La
présence d'un second pilote à notre droite devient
vite naturelle. Avec notre binôme, c'est une véritable
symbiose qui se crée. Répartition des tâches,
possibilité de comparer ou de valider un choix, et motivation
pour potasser avec nos partenaires
la liste des avantages
est longue. Au-delà de ça, les habitudes du travail
en équipage déteignent sur notre quotidien : la philosophie
des pilotes du transport aérien est un esprit d'équipe
à toute épreuve. A tout moment, nous pouvons nous
reposer sur les autres élèves autant que sur les moniteurs,
et ce quelles que soient nos attentes."
"Au
début, nous font partager ces deux stagiaires en fin de cursus,
la plus grande satisfaction est de pouvoir restituer ce qu'on a
appris dans les livres. Avec les temps, notre savoir-faire, tout
relatif, nous rend plus disponibles et nous visons la mission parfaite.
Nous sommes amenés à analyser, juger, décider
et prendre des initiatives très rapidement : une confiance
que l'on nous accorde et qui est gratifiante et motivante. Alors,
en toute modestie, nous essayons de partager à notre tour
nos connaissances avec qui en a besoin."
Des
marins chez les aviateurs
Ghislain Renaudin occupe des 4 postes de commandant d'escadrille
celui qui est réservé à la Marine Nationale.
Si ce n'est par le côté purement administratif, le
lien avec la marine n'est pas permanent. A l'EAT, ce sont les règles
de l'armée de l'air qui sont en vigueur. Et en vol, la formation
est commune.
Jean-Damien
Variot est élève officier pilote de l'aviation navale
(EOPAN, à ne pas confondre avec les EOPN, élèves
officiers du personnel navigant de l'armée de l'air). "Après
avoir passé à Salon les 14 UV de l'ATPL théorique,
et après le tronc commun, soit 80 heures de vol sur Epsilon
à Cognac, arrive l'orientation. J'ai opté pour la
patrouille maritime. Nous avons appris la navigation à vue,
la voltige de base et les bases du vol en formation qui n'ont plus
leur place à Avord. Nous sommes aussi initiés au vol
aux instruments. Pouvoir décoller, faire des tours de pistes
et poser l'avion nous donne l'impression de savoir beaucoup de choses
"
"En passant sur le lourd Xingu,
tout change ! Dès le premier vol, nous travaillons à
deux. Les rôles sont clairement définis et nous accédons
rapidement à des responsabilités en nombre croissant.
A l'EAT, la tâche la plus lourde est la préparation
au sol de la mission qui requiert la plus totale rigueur. Ici, on
nous apprend à aller partout dans le monde, par tous les
temps. Le souci numéro 1 est toujours la sécurité
des vols."
Ghislain Renaudin : "Nous aimons
bien nos petits marins ! Lorsque nous sentons une baisse de régime,
c'est à nous de les pousser vers leur métier à
venir. Le côté opérationnel est toujours un
peu flou, nous seuls pouvons donner des détails concrets.
Les élèves attendent impatiemment l'affectation sur
Nord 262 E à la 28F où ils s'aguerriront. Ayant pratiqué
le Gardian en outre-mer, et l'Atlantique II - le plus bel avion
du monde ! -, je prêche un peu pour ma paroisse. Devant le
rythme et la densité du travail pour les stagiaires, c'est
bien souvent le fait de pouvoir se fixer des objectifs concrets
qui est la clé de la réussite."
Moniteur
Des moniteurs que nous avons rencontrés,
François Aubertel est sans doute celui qui résume
le mieux leurs valeurs communes. Ce marin de 46 ans a totalisé
une grande partie de ses 8000 heures de vol en instruction à
Grenoble, sur Rallye à la 50S au profit de l'école
navale, sur Epsilon à Cognac et
en aéroclub
!
"J'ai
eu la chance pour un transporteur de découvrir la voltige,
la navigation basse altitude type chasseur, le lead de patrouilles.
La cerise sur le gâteau a été l'instruction
IFR et la formation des instructeurs. C'est d'ailleurs amusant de
former des moniteurs plus qualifiés que moi
mais j'ai
mon expérience !"
"Il faut reconnaître aux
élèves leur courage de se donner depuis plusieurs
années sans répit dans la masse de travail qui leur
est imposée. C'est à nous, enseignants, de leur rendre
à notre manière le cur qu'ils mettent à
l'ouvrage. Guider nos stagiaires pour qu'ils réussissent
est l'enjeu de notre pédagogie. A l'EAT, ils se serrent tellement
les coudes que c'est du velours que de les encadrer. La symbiose
est parfois telle que des groupes d'élèves habitent
la même maison !"
"Bien sûr, nous sommes
des spécialistes aguerris et nous transmettons des savoirs
et des savoir-faire d'ordre théorique, pratique, et technique.
Notre rôle ne se limite cependant pas au temps des missions.
J'essaie de me rendre accessible en passant dans les salles. Le
dialogue permanent est primordial pour les élèves,
et tellement enrichissant pour nous-mêmes ! Qui est le bon
moniteur ? C'est celui qui se souvient avoir été élève
et qui essaie d'épargner à ses stagiaires ce dont
il a souffert. C'est celui qui sait créer un cadre épanouissant
dans les contraintes imposées par la formation. C'est celui
qui accepte sans retenue de donner ce qu'il sait
A la clé,
le plaisir de voir un jeune progresser !"
François
Aubertel conclut : "Pilote est un métier de passion.
Etre moniteur peut sembler rebutant quand on quitte le milieu opérationnel
tellement grisant. Mais ici, nous guidons de jeunes pilotes qui
se donnent sans compter pour réaliser leur rêve qui
fut le nôtre. C'est à nous de rendre leurs efforts
efficaces, et leur temps de formation agréable. Etre parrain
d'un élève, et pouvoir transmettre le flambeau est
une fierté que partagent ceux qui sont un temps moniteurs."
A
l'Ecole d'Aviation de Transport, les jeunes élèves
reçoivent les bases de leur spécialité. L'esprit
d'équipe est la principale valeur transmise par des moniteurs
passionnés et fiers d'assurer leur mission. Dans une ambiance
particulièrement sereine et studieuse, les stagiaires font
leurs derniers pas sur les bancs de l'école avant de prendre
les commandes des C-130, C-160, C-135 (ravitailleurs) ou autres
Atlantique II (patrouilleurs maritimes)
Souhaitons-leur de belles heures de vol !
L'équipe
Net-Aviation
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