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Accueil > Reportages > Ecole d'Aviation de Transport : Aux commandes du Xingu (2e partie) - (page 2/2)


 

 

REPORTAGES
 

Elèves étrangers

Les lieutenants Diarra, 23 ans, et Chakoua, 25 ans, sont malien et camerounais. Tous deux ont suivi le cours spécial de l'école de l'air pendant 2 ans et demi après avoir passé le concours au pays. Ils sont destinés à des hautes fonctions de commandement dans leurs armées respectives. A l'issue de l'EAT, ils sont appelés à prendre les commandes d'Antonov 24 pour le premier, et de Navajo, voire de Hercules pour le second.

Claude Chakoua nous confie : "Nous sommes des privilégiés car nous avons la chance d'avoir été sélectionnés pour recevoir notre formation en France. Mais nous ne disposons d'aucun traitement de faveur. L'enjeu pour nos nations, est de faire de nous des officiers spécialistes et nous portons sur nos épaules cette pression, mais aussi cette fierté. Quant à notre objectif personnel, c'est évidemment recevoir nos ailes !"

Alou Boï Diarra : "Cette impression de progresser très rapidement compense le temps nous paraît parfois long loin de chez nous… en particulier à Avord où les distractions sont très limitées ! Quelques vols d'initiation, puis la formation sur Epsilon où chacun travaille pour lui - même si l'entraide est de rigueur, il n'y a qu'un pilote aux commandes !-, et nous passons sur Xingu."

"La présence d'un second pilote à notre droite devient vite naturelle. Avec notre binôme, c'est une véritable symbiose qui se crée. Répartition des tâches, possibilité de comparer ou de valider un choix, et motivation pour potasser avec nos partenaires… la liste des avantages est longue. Au-delà de ça, les habitudes du travail en équipage déteignent sur notre quotidien : la philosophie des pilotes du transport aérien est un esprit d'équipe à toute épreuve. A tout moment, nous pouvons nous reposer sur les autres élèves autant que sur les moniteurs, et ce quelles que soient nos attentes."

"Au début, nous font partager ces deux stagiaires en fin de cursus, la plus grande satisfaction est de pouvoir restituer ce qu'on a appris dans les livres. Avec les temps, notre savoir-faire, tout relatif, nous rend plus disponibles et nous visons la mission parfaite. Nous sommes amenés à analyser, juger, décider et prendre des initiatives très rapidement : une confiance que l'on nous accorde et qui est gratifiante et motivante. Alors, en toute modestie, nous essayons de partager à notre tour nos connaissances avec qui en a besoin."


Des marins chez les aviateurs

Ghislain Renaudin occupe des 4 postes de commandant d'escadrille celui qui est réservé à la Marine Nationale. Si ce n'est par le côté purement administratif, le lien avec la marine n'est pas permanent. A l'EAT, ce sont les règles de l'armée de l'air qui sont en vigueur. Et en vol, la formation est commune.

Jean-Damien Variot est élève officier pilote de l'aviation navale (EOPAN, à ne pas confondre avec les EOPN, élèves officiers du personnel navigant de l'armée de l'air). "Après avoir passé à Salon les 14 UV de l'ATPL théorique, et après le tronc commun, soit 80 heures de vol sur Epsilon à Cognac, arrive l'orientation. J'ai opté pour la patrouille maritime. Nous avons appris la navigation à vue, la voltige de base et les bases du vol en formation qui n'ont plus leur place à Avord. Nous sommes aussi initiés au vol aux instruments. Pouvoir décoller, faire des tours de pistes et poser l'avion nous donne l'impression de savoir beaucoup de choses…"

"En passant sur le lourd Xingu, tout change ! Dès le premier vol, nous travaillons à deux. Les rôles sont clairement définis et nous accédons rapidement à des responsabilités en nombre croissant. A l'EAT, la tâche la plus lourde est la préparation au sol de la mission qui requiert la plus totale rigueur. Ici, on nous apprend à aller partout dans le monde, par tous les temps. Le souci numéro 1 est toujours la sécurité des vols."

Ghislain Renaudin : "Nous aimons bien nos petits marins ! Lorsque nous sentons une baisse de régime, c'est à nous de les pousser vers leur métier à venir. Le côté opérationnel est toujours un peu flou, nous seuls pouvons donner des détails concrets. Les élèves attendent impatiemment l'affectation sur Nord 262 E à la 28F où ils s'aguerriront. Ayant pratiqué le Gardian en outre-mer, et l'Atlantique II - le plus bel avion du monde ! -, je prêche un peu pour ma paroisse. Devant le rythme et la densité du travail pour les stagiaires, c'est bien souvent le fait de pouvoir se fixer des objectifs concrets qui est la clé de la réussite."


Moniteur

Des moniteurs que nous avons rencontrés, François Aubertel est sans doute celui qui résume le mieux leurs valeurs communes. Ce marin de 46 ans a totalisé une grande partie de ses 8000 heures de vol en instruction à Grenoble, sur Rallye à la 50S au profit de l'école navale, sur Epsilon à Cognac et… en aéroclub !

"J'ai eu la chance pour un transporteur de découvrir la voltige, la navigation basse altitude type chasseur, le lead de patrouilles. La cerise sur le gâteau a été l'instruction IFR et la formation des instructeurs. C'est d'ailleurs amusant de former des moniteurs plus qualifiés que moi… mais j'ai mon expérience !"

"Il faut reconnaître aux élèves leur courage de se donner depuis plusieurs années sans répit dans la masse de travail qui leur est imposée. C'est à nous, enseignants, de leur rendre à notre manière le cœur qu'ils mettent à l'ouvrage. Guider nos stagiaires pour qu'ils réussissent est l'enjeu de notre pédagogie. A l'EAT, ils se serrent tellement les coudes que c'est du velours que de les encadrer. La symbiose est parfois telle que des groupes d'élèves habitent la même maison !"

"Bien sûr, nous sommes des spécialistes aguerris et nous transmettons des savoirs et des savoir-faire d'ordre théorique, pratique, et technique. Notre rôle ne se limite cependant pas au temps des missions. J'essaie de me rendre accessible en passant dans les salles. Le dialogue permanent est primordial pour les élèves, et tellement enrichissant pour nous-mêmes ! Qui est le bon moniteur ? C'est celui qui se souvient avoir été élève et qui essaie d'épargner à ses stagiaires ce dont il a souffert. C'est celui qui sait créer un cadre épanouissant dans les contraintes imposées par la formation. C'est celui qui accepte sans retenue de donner ce qu'il sait… A la clé, le plaisir de voir un jeune progresser !"

François Aubertel conclut : "Pilote est un métier de passion. Etre moniteur peut sembler rebutant quand on quitte le milieu opérationnel tellement grisant. Mais ici, nous guidons de jeunes pilotes qui se donnent sans compter pour réaliser leur rêve qui fut le nôtre. C'est à nous de rendre leurs efforts efficaces, et leur temps de formation agréable. Etre parrain d'un élève, et pouvoir transmettre le flambeau est une fierté que partagent ceux qui sont un temps moniteurs."

A l'Ecole d'Aviation de Transport, les jeunes élèves reçoivent les bases de leur spécialité. L'esprit d'équipe est la principale valeur transmise par des moniteurs passionnés et fiers d'assurer leur mission. Dans une ambiance particulièrement sereine et studieuse, les stagiaires font leurs derniers pas sur les bancs de l'école avant de prendre les commandes des C-130, C-160, C-135 (ravitailleurs) ou autres Atlantique II (patrouilleurs maritimes)…


Souhaitons-leur de belles heures de vol !

 

 

L'équipe Net-Aviation

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