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REPORTAGES
 

ECOLE D'AVIATION DE TRANSPORT

- Aux commandes du Xingu -
(PARTIE 1)

La base d'Avord, isolée en rase campagne à quelques dizaines de kilomètres de Bourges, est l'une des bases françaises les plus discrètes. Parmi ses hôtes permanents, les précieux AWACS et leur propre base dans la base ! Mais Avord, c'est aussi l'école du transport : l'EAT.

Les moniteurs, chargés de transmettre leurs connaissances, et les élèves de l'Ecole d'Aviation de Transport prenant pour la première fois les commandes d'un bimoteur, ont accepté de nous faire part de leur quotidien.

 

Cursus et structure

L'école d'aviation de transport est une des composantes du commandement des écoles de l'armée de l'air. Elle forme des pilotes de transport - qui restent des pilotes de combat, insiste le commandant Henry, second de l'unité - qualifiés multimoteurs / multipilotes. L'enjeu est de rendre ces pilotes opérationnels en tant que copilotes pour toute mission logistique dès leur première affectation, à la transformation machine près.

Le Cdt Henry : "Nous formons une soixantaine de pilotes chaque année, avec malheureusement 10% d'échecs pour toutes sortes de raison. Nos 30 appareils, 5 entraîneurs de vol et notre simulateur complet sont servis par 40 moniteurs, 11 moniteurs simu, 135 spécialistes techniques, et 20 agents administratifs. Et si nous formons 70% de nos élèves au profit de l'armée de l'air, 20% de nos stagiaires sont des marins donc naturellement, parmi nos instructeurs et nos techniciens, nous comptons des personnels de la Marine Nationale. Les autres pilotes que nous formons sont étrangers (10%) et quelques unes appartiennent à la DGA."

A leur arrivée à l'EAT, les élèves ont suivi le tronc commun et la pré-spécialisation chasse ; ils totalisent quelques dizaines d'heure de vol sur Epsilon ou Tucano. En 42 semaines à Avord, ils recevront une formation répondant aux contraintes militaires, mais également aux normes civiles JAR/FCL. En termes de connaissances, le programme comporte les procédures d'atterrissage sur tout terrain, avec gestion des pannes, et la maîtrise du vol à vue en moyenne et basse altitude. L'acquisition des procédures et des méthodes nécessite un investissement à 100%. Les enjeux de la formation sont également la construction de l'autonomie décisionnelle des futurs commandants de bord. La formation du militaire et de l'officier sont évidemment en vigueur !

51 heures de vol sont consacrées au vol à vue. Les missions comprennent la prise en mains, la tenue

machine et le perfectionnement, de jour comme de nuit, ainsi que la navigation de jour MA/BA. 86 heures sont dédiées au vol aux instruments : vol sans visibilité avec manœuvres de base et orientation spatio-temporelle, et évidemment les approches, sont conclus par des vols de synthèse en conditions IFR en France et à l'étranger.

"Une des particularités de la formation, souligne le Cdt Henry, est le travail en binôme qui permet des situations d'observation/restitution profitables, et qui plus est, est en parfaite adéquation avec la vie du pilote en unité opérationnelle. 40% des missions sont monitées ; 50% sont en conditions SPIC (Student Pilot In Command), où l'élève assure l'ensemble des tâches du commandant de bord. En totalisant leurs présences en tant que copilotes - la place de droite est systématiquement occupée -, on peut dire que les phases solo occupent 20% des heures !"

Et le second de conclure : "Nous accueillons une promotion toutes les 10 semaines, soit 5 simultanément (4 en vol, une en instruction au sol). Entre les élèves, mais également chez les moniteurs, l'accent est mis sur la coopération et les meilleures conditions pour un apprentissage particulièrement exigeant. C'est sans doute grâce à cela que, les pilotes, dès l'école, acquièrent une autonomie surprenante… le propre de leur vie opérationnelle à venir !"

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