|
Un
équipement moderne
Derrière
le pilote, le mécanicien de bord-radio dispose d'un ordinateur
portable. Quasiment en direct, les images numériques sont
transférées dans le PC. Le logiciel de traitement
d'images permet d'agrandir, d'éclaircir et de rendre plus
nettes les images. "Le premier avantage de cet équipement
est de pouvoir lire avec certitude le nom et le port d'attache de
chaque bateau. Les caractères choisis par les propriétaires,
les échelles, les bouées
nous gênent fréquemment
et les yeux de l'équipage ou les jumelles sont parfois insuffisants.
Ce dispositif nous permet aussi de déceler plus nettement
des éléments suspects. Enfin, nous archivons les données
de chacun des bateaux que nous croisons.". Chaque demi-heure,
le radio transmet un rapport complet sur la situation de surface
du secteur couvert.
Le
cockpit, équipé d'EFIS, fait du F-406 un avion digne
des liners modernes. "A commencer par le pilote automatique
et les moyens de navigation, nous avons tout pour voler en tout
confort. Mais notre métier nous permet de ne voler que rarement
à plat. En gérant évidemment les paramètres
de sécurité vitaux, notre travail repose sur des manuvres
précises et efficaces. Deux passages peuvent éveiller
la vigilance d'un contrevenant à la loi, en plus de nous
faire perdre une autonomie qui pourrait se révéler
nécessaire plus tard dans la mission", nous confie
Patrice de Labaca.
Des cibles variées
Au
rythme des montées à l'altitude de patrouille, des
descentes sur les bateaux, parfois en grande densité dans
certains secteurs, et au rythme des virages parfois serrés
- ce qui ne manque pas de susciter à nouveau les moqueries
amicales des opérateurs -, le F-406 peut effectuer des dizaines
de contrôles. Quelques annonces dénotent parfois :
"POLREP à deux heures !" Il s'agit d'une
tache résiduelle d'hydrocarbures que les équipages
des douanes sont formés à identifier d'après
son aspect. L'avion POLMAR dispose de moyens d'analyse et d'interprétation
spécifiques, mais les yeux restent à nouveau le premier
outil des équipages.
Plus
surprenant, "un souffleur" est annoncé. Chacun
des membres de l'équipage scrute dans la direction indiquée.
Soudain, un geyser s'élève à la surface de
l'eau que frôle une ombre volumineuse. Un cétacé
!
Lui
aussi est photographié. Le suivi des espèces protégées
fait partie des attributions des garde-côtes.

Le
trajet retour permet de couvrir un autre secteur. Un petit voilier
est porteur d'un grand numéro sur la coque, inhabituel. Il
précède de peu une vingtaine d'embarcations semblables
: une régate ! Un pêcheur espagnol a également
été surpris en activité dans une zone interdite
à la pêche ; sa mise en route lors d'un second passage
lèvera le doute. Quelques réactions étranges
pour des navires qui feront sans doute l'objet d'un suivi attentif.
Quant à l'accueil des plaisanciers, souvent surpris de voir
surgir au ras des flots et à proximité (raisonnable
!) de leurs mats, il est des plus sympathiques et les grands gestes
sont souvent de rigueur. D'autres poursuivent imperturbablement
leur activité de bronzage sur le pont !
Retour à la base
Approche directe sur la piste 05. La visibilité s'est réduite
à 4 nautiques et le vent a forci. Les pilotes sont habitués
et au prix de beaucoup de concentration et d'un peu de sueur, l'avion
se pose en douceur. La mission se termine par un rinçage
à l'eau douce pour protéger l'avion de l'usure prématurée
provoquée par l'air marin. Les mécaniciens prennent
la relève et reconditionnent l'appareil ; une mission est
programmée pour la fin d'après-midi.

L'équipe
Net-Aviation
|