www.net-aviation.com

Accueil > Reportages > Aéronautique Navale, Mission SURMAR à la 28F (page 3/3)


 

 

REPORTAGES
 

Tandis que dans la tranche tactique se prépare, les pilotes, secondés par le mécanicien de bord, font une rigoureuse visite avant vol. La sécurité lors des survols maritimes est primordiale. Le mecbo passe en revue les issues de secours à utiliser selon les configurations d'amerrissage qui pourraient être rencontrées ; les Mae West sont vérifiées. Il rejoint les pilotes qui enchaînent les check lists successives. La séquence de mise en route, sous l'œil vigilant d'un pistard, requiert une attention particulière. La tour autorise l'allumage des turbopropulseurs, puis le roulage pendant lequel les pilotes égrènent de nouveaux points de contrôle. Un CL-415 à l'atterrissage et le Nord s'aligne… Ultimes vérifications et pleine puissance ! L'appareil roule et quitte le sol en douceur. Décollage face au Nord et au mistral, puis cap au sud, vers la zone de travail.

Le navigateur : "Dès le point de sortie du circuit de décollage, c'est le NAV qui assure le guidage de l'appareil ". 'Etoile Golf' - indicatif de la flottille, associé à une lettre désignant le chef de bord - doit couvrir les zones Hévéa et Acacia. " La mise en condition de l'appareil est la base de tout. Les relevés que nous réalisons nous permettent de connaître la colonne d'air, dont dépend la propagation des ondes. Nous déterminons l'altitude de travail optimale. Avec l'aide des pilotes, dont l'expérience permet une lecture fiable de la surface de la mer, nous évaluons le vent. Les conditions sont réunies pour un travail précis et efficace !"

3 000 pieds. Tous les quarts d'heure, une situation de surface est réalisée. Le radariste "plote" (désigne) les échos, qui apparaissent alors sur la table de navigation. Les heures, la route des bâtiments… permettent d'en envisager le type probable : navire militaire, marchand, pêcheur… "La navigation que nous élaborons doit tenir compte de la zone à traiter dans son intégralité, de l'autonomie de l'appareil, des priorités propres aux objectifs de chaque mission. L'enjeu de la patrouille est certes moins tactique que pour une chasse au sous-marin en Atlantique, mais son importance n'est pas moindre. Nous devons relever et transmettre la liste exhaustive des informations concernant nos cibles sur l'ensemble de la zone. Un travail qui n'admet pas l'imprécision et demande beaucoup de savoir-faire."

"Pilote de Navigateur : la cible à 10 nautiques à 11 heures…". L'horizon est voilé, pilotes et mecbo scrutent la mer… "Visuel !" Le mécanicien a repéré un point blanc à 7 nautiques. "Un pêcheur", annonce le chef de bord. Les jumelles apportent confirmation. Bien que l'objectif de la mission soit un entraînement des opérateurs, tous les échos de surface seront identifiés car la priorité reste l'opérationnel, même pendant les vols de formation. La petite embarcation fera simplement l'objet d'un examen attentif à la jumelle. Aucun élément ne laisse présager une infraction à la loi. "Pilote de Navigateur : prenez le cap 235, un navire marchand probablement (nota : sa route est rectiligne), pour 12 nautiques."

Le méthanier est repéré. L'équipage met en descente et manœuvre pour se présenter par l'arrière, navire en main droite, 100 pieds / mer. Très lisibles, le nom et le port d'attache sont relevés, le Nord remonte.

Le bateau est sur la route prévue ; aucun indice suspect. "Dans la tranche tactique, certains d'entre nous se présentent au hublot afin de confirmer les informations lues. Parfois, plusieurs passages sont nécessaires, notamment en mission SURIMM (surveillance anti-immigration), et en présence de petits bateaux. Pour constater les infractions, nous comptons sur nos yeux et sur l'appareil photo !".

Au cours de la mission, 7 navires commerciaux seront formellement identifiés et le Nord, se prête volontiers au jeu des montagnes russes lorsque la météo est délicate… Des phases de pilotage qu'apprécient particulièrement les pilotes. Cap sur la base. Sur son scope, le DENAE repère un nouvel écho. Jouant sur les différents filtres et paramètres, il affine la détection. Doigté et finesse permettent de rendre visible des éléments difficiles à percevoir. L'état de la mer notamment, qui a tendance à saturer l'image, complique la tâche. Le navigateur déroute Etoile Golf pour vérification. Il s'agit d'un petit bateau de plaisance ballotté par les vagues.

Retour en transit côtier, à 100 pieds du sol. Rencontrant régulièrement ce cas de figure, le pilote doit être rompu aux manœuvres à très basse altitude. L'approche sur Nîmes-Garons sera directe. Contact piste aux plots pour un atterrissage court. Après chaque survol maritime, l'avion " passe à la douche " : sur l'un des taxiways, un équipement spécial permet le rinçage à l'eau douce des avions, limitant la corrosion. Retour sur les parkings de la 28F, fin de la mission !

 

L'Aviation navale a fait peau neuve : les bases se sont vues réorganisées, de nouveaux appareils ont été acquis. Dans cette cure de rajeunissement, la BAN de Nîmes-Garons a gardé une place de choix : elle est la base de la Patrouille Maritime en région Méditerranée. Mais la compétence de la Marine et de l'Aviation navale dans les missions qui lui sont confiées n'est pas qu'affaire de technologie. Les femmes et les hommes de la 28F mettent leur rigueur et leur savoir-faire autant que leur cœur au service des autres, dans le plus pur respect des traditions.

Et puisqu'il est question de traditions, le retour du Nord n°69 était attendu de pied ferme par un joyeux comité d'accueil. Le pilote, lâché commandant de bord, sera sympathiquement fêté par un arrosage dans les règles de l'art ! Un petit rituel qui marque les moments forts de la carrière d'un pilote et qui participent à souder une équipe !

La flottille 28F reste fidèle à ses traditions et à sa devise : "A belles dents !!"

 

L'équipe net-aviation

1 - 2 - 3
[ << page précédente ]