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Tandis
que dans la tranche tactique se prépare, les pilotes, secondés
par le mécanicien de bord, font une rigoureuse visite avant
vol. La sécurité lors des survols maritimes est primordiale.
Le mecbo passe en revue les issues de secours à utiliser
selon les configurations d'amerrissage qui pourraient être
rencontrées ; les Mae West sont vérifiées.
Il rejoint les pilotes qui enchaînent les check lists successives.
La séquence de mise en route, sous l'il vigilant d'un
pistard, requiert une attention particulière. La tour autorise
l'allumage des turbopropulseurs, puis le roulage pendant lequel
les pilotes égrènent de nouveaux points de contrôle.
Un CL-415 à l'atterrissage et le Nord s'aligne
Ultimes
vérifications et pleine puissance ! L'appareil roule et quitte
le sol en douceur. Décollage face au Nord et au mistral,
puis cap au sud, vers la zone de travail.
Le
navigateur : "Dès le point de sortie du circuit de
décollage, c'est le NAV qui assure le guidage de l'appareil
". 'Etoile Golf' - indicatif de la flottille, associé
à une lettre désignant le chef de bord - doit couvrir
les zones Hévéa et Acacia. " La mise en condition
de l'appareil est la base de tout. Les relevés que nous réalisons
nous permettent de connaître la colonne d'air, dont dépend
la propagation des ondes. Nous déterminons l'altitude de
travail optimale. Avec l'aide des pilotes, dont l'expérience
permet une lecture fiable de la surface de la mer, nous évaluons
le vent. Les conditions sont réunies pour un travail précis
et efficace !"
3 000
pieds. Tous les quarts d'heure, une situation de surface est réalisée.
Le radariste "plote" (désigne) les échos,
qui apparaissent alors sur la table de navigation. Les heures, la
route des bâtiments
permettent d'en envisager le type
probable : navire militaire, marchand, pêcheur
"La
navigation que nous élaborons doit tenir compte de la zone
à traiter dans son intégralité, de l'autonomie
de l'appareil, des priorités propres aux objectifs de chaque
mission. L'enjeu de la patrouille est certes moins tactique que
pour une chasse au sous-marin en Atlantique, mais son importance
n'est pas moindre. Nous devons relever et transmettre la liste exhaustive
des informations concernant nos cibles sur l'ensemble de la zone.
Un travail qui n'admet pas l'imprécision et demande beaucoup
de savoir-faire."
"Pilote
de Navigateur : la cible à 10 nautiques à 11 heures
".
L'horizon est voilé, pilotes et mecbo scrutent la mer
"Visuel !" Le mécanicien a repéré
un point blanc à 7 nautiques. "Un pêcheur",
annonce le chef de bord. Les jumelles apportent confirmation. Bien
que l'objectif de la mission soit un entraînement des opérateurs,
tous les échos de surface seront identifiés car la
priorité reste l'opérationnel, même pendant
les vols de formation. La petite embarcation fera simplement l'objet
d'un examen attentif à la jumelle. Aucun élément
ne laisse présager une infraction à la loi. "Pilote
de Navigateur : prenez le cap 235, un navire marchand probablement
(nota : sa route est rectiligne), pour 12 nautiques."
Le
méthanier est repéré. L'équipage met
en descente et manuvre pour se présenter par l'arrière,
navire en main droite, 100 pieds / mer. Très lisibles, le
nom et le port d'attache sont relevés, le Nord remonte.
Le
bateau est sur la route prévue ; aucun indice suspect. "Dans
la tranche tactique, certains d'entre nous se présentent
au hublot afin de confirmer les informations lues. Parfois, plusieurs
passages sont nécessaires, notamment en mission SURIMM (surveillance
anti-immigration), et en présence de petits bateaux. Pour
constater les infractions, nous comptons sur nos yeux et sur l'appareil
photo !".
Au
cours de la mission, 7 navires commerciaux seront formellement identifiés
et le Nord, se prête volontiers au jeu des montagnes russes
lorsque la météo est délicate
Des phases
de pilotage qu'apprécient particulièrement les pilotes.
Cap sur la base. Sur son scope, le DENAE repère un nouvel
écho. Jouant sur les différents filtres et paramètres,
il affine la détection. Doigté et finesse permettent
de rendre visible des éléments difficiles à
percevoir. L'état de la mer notamment, qui a tendance à
saturer l'image, complique la tâche. Le navigateur déroute
Etoile Golf pour vérification. Il s'agit d'un petit bateau
de plaisance ballotté par les vagues.
Retour
en transit côtier, à 100 pieds du sol. Rencontrant
régulièrement ce cas de figure, le pilote doit être
rompu aux manuvres à très basse altitude. L'approche
sur Nîmes-Garons sera directe. Contact piste aux plots pour
un atterrissage court. Après chaque survol maritime, l'avion
" passe à la douche " : sur l'un des taxiways,
un équipement spécial permet le rinçage à
l'eau douce des avions, limitant la corrosion. Retour sur les parkings
de la 28F, fin de la mission !
L'Aviation
navale a fait peau neuve : les bases se sont vues réorganisées,
de nouveaux appareils ont été acquis. Dans cette cure
de rajeunissement, la BAN de Nîmes-Garons a gardé une
place de choix : elle est la base de la Patrouille Maritime en région
Méditerranée. Mais la compétence de la Marine
et de l'Aviation navale dans les missions qui lui sont confiées
n'est pas qu'affaire de technologie. Les femmes et les hommes de
la 28F mettent leur rigueur et leur savoir-faire autant que leur
cur au service des autres, dans le plus pur respect des traditions.
Et
puisqu'il est question de traditions, le retour du Nord n°69
était attendu de pied ferme par un joyeux comité d'accueil.
Le pilote, lâché commandant de bord, sera sympathiquement
fêté par un arrosage
dans les règles de l'art ! Un petit rituel qui marque
les moments forts de la carrière d'un pilote et qui participent
à souder une équipe !

La flottille 28F reste fidèle
à ses traditions et à sa devise : "A belles dents
!!"
L'équipe
net-aviation
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