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REPORTAGES
 

PHALSBOURG, BASE ALAT

- Pilote d'hélicoptère de combat -

Salle d'opérations de la 1ère Escadrille d'Hélicoptères d'Appui / Protection à Phalsbourg… Sur le tableau des missions, tous les créneaux de vol des deux Gazelle disponibles sont occupés. Le lieutenant Doury, moniteur, assure le briefing du matin. Les pilotes sont très attentifs : la journée a pour objectif la révision des procédures d'urgence. Les autorotations, avec différents types de prise de terrain, sont au centre du programme. Petite révision : la vitesse optimale, le flare… L'exercice est simulé jusqu'au moment précédant le toucher des patins ; la turbine n'est pas coupée. On remettra la puissance pour d'autres tours dans diverses conditions…

 

EHAP 1/1

Le capitaine Dias, commandant de l'escadrille lors de notre visite, nous présente son unité :

"Tout d'abord, quelques chiffres. Notre unité compte 6 officiers, 21 sous-officiers et 4 militaires du rang, répartis en 7 mécaniciens et 2 aides, 2 secrétaires, les derniers étant pilotes. Parmi eux, 5 chefs de patrouille, 8 chefs de bord, et 7 sous-officiers pilotes.

Notre unité est la 1ère Escadrille d'Hélicoptères d'Appui / Protection du 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat : l'EHAP 1/1. Notre insigne reflète au mieux notre mission. Les couleurs bleu et blanc symbolisent l'appui et la protection. Est présent le canon, notre arme de prédilection. Notre symbole est un aigle Gerfaut dont le propre est de ne jamais rater sa proie, un symbole d'efficacité… et un clin d'oeil à l'avenir : le Gerfaut est l'autre nom du Tigre, notre futur hélicoptère d'attaque. Un second insigne non officiel circule aussi dans toutes les escadrilles canon. Il s'agit d'une tête de pirate que même les équipages de Puma équipés de canon en sabord se sont appropriés.

Nous disposons normalement de 7 Gazelle. L'une d'elles est dépourvue du canon afin de libérer les places arrière, normalement occupées par les munitions. Deux sont en général immobilisées pour les opérations de maintenance. Les pièces se font parfois rares et il arrive que ces entretiens prennent plus de temps que prévu. Enfin, nos machines sont régulièrement déployées à l'étranger : dans les Balkans, à Djibouti, en Côte d'Ivoire dernièrement. La gestion du parc et des missions au quotidien est tout un art ! Les opérations planifient l'emploi du temps quotidien des machines en tenant compte des nécessités de l'instruction en vol, en mettant en place des exercices complexes, en préparant les divers stages, en assurant les heures de vol des abonnés… De multiples paramètres avec lesquels nous composons afin de maintenir notre niveau de compétence."


SA 341 F Gazelle

La Gazelle est la monture classique des pilotes de combat de l'ALAT. Conçue comme successeur de l'Alouette II, elle était destinée à un emploi civil. Son succès dans ce secteur fut tout relatif malgré ses lignes agréables, et c'est finalement dans un usage militaire qu'elle connut un grand succès. Le prototype prit l'air en 1967. Une de ses caractéristiques est le désormais célèbre rotor anticouple caréné dit Fenestron.

Dès 1972, la premier SA 341 F intégrait l'ALAT. C'est encore cette version qui sert au sein des EHAP. Le modèle est doté d'un canon latéral GIAT de 20 mm, disposant d'un léger débattement. A sa disposition, 240 obus traceurs, explosifs ou incendiaires efficaces jusqu'à 1500 mètres.

Quelques données techniques. La Gazelle est un petit hélicoptère : 9,5 mètres de long, un rotor de 10,5 mètres de diamètre. La turbine employée est l'Astazou, très éprouvée, dont deux versions correspondent aux modèles "trois-quarante-et-une" et "trois-quarante-deux". Les pales souples rendent la Gazelle sensible au vent, ce qui complique parfois la tâche des pilotes, par exemple dans les phases d'appontage sur navires. Un petit appareil agile et souple, qui, manié en douceur serait capable de figures de voltige… C'est en tout cas une des légendes transmises de pilote en pilote dans les bars des escadrilles !

Divers équipements ont alourdi l'appareil et les limitations sont notables dans les configurations Viviane + missiles HOT. Et si les appareils sont souvent restreints en pays chauds, la Gazelle canon ne s'en sort pas trop mal. L'emploi de pale Fennec sur les Viviane pallie partiellement à ce problème. Pour son autoprotection, les discrètes protubérances du système de départ de tir sont visibles sur le Fenestron et dans la bulle, près des pieds des pilotes. L'hélico dispose aussi de deux lance-leurres amovibles.


© Benjamin Dhouailly

Contrairement à la "3-42", la "3-41" ne dispose pas de pilote automatique (les SA 342 M1 Viviane ont même un CVS qui permet le retour en vol stationnaire automatique). Cependant, le SAS (Système d'Augmentation de la Stabilité par blocage du pas cyclique par frein magnétique) est une aide au pilotage appréciable qui requiert cependant l'attention permanente du pilote. Compas gyroscopique et ADF autorisent le vol aux instruments, lequel, avec une bonne correction du vent, s'avère efficace. Le NADIR n'est pas embarqué sur Gazelle canon. Cet équipement permet de "ploter" un point ; il donne alors la position de la machine par rapport à celui-ci. Enfin, le Révitax, situé au-dessus de la tête du pilote, enregistre au format HI-8 la vidéo des tirs. Un outil qui restitue des images en noir et blanc et qui est idéal pour les débriefings. De l'avis unanime des équipages, la Gazelle est une petite machine très bien équipée et très adaptée aux missions "pirate" (canon).

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