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REPORTAGES
 

Avant de passer le brevet de pilote qui sanctionne les connaissances théoriques et pratiques acquises, on continue à affiner ses connaissances générales de l'activité. On apprend à analyser toute situation. Le plus important est de savoir si les conditions permettent à chacun de voler. Observer, anticiper, lire les pièges… Des stages SIV (simulation d'incidents en vol) sont proposés. Débutants ou pilotes confirmés y sont confrontés aux situations d'urgence : fermetures frontales ou asymétriques, vrilles… De quoi se préparer aux cas réels ! En effet, si les blessures sont fréquentes aux atterrissages et décollages, le vent reste la source des accidents les plus graves (erreurs humaines mises à part). Par exemple, les cumulonimbus occasionnent parfois de désagréables surprises : même en procédure de descente rapide 360° (c'est très désagréable en situation d'urgence !), l'aile ne veut parfois pas perdre d'altitude ! Des situations auxquelles il vaut mieux être formé.

Bernard Haintz est l'un des fondateurs du club-école "les Courlis" (21), dont la particularité réside dans la pratique du parapente de plaine.
"Le secteur de Dijon représente un potentiel de 200 parapentistes actifs. Les sites sont rapidement saturés. Les plus sûrs d'entre eux ne jouissent pas d'une exposition au vent optimale. Il y a quelques années on comptait jusqu'à 10% d'accidents ! Notre idée était d'une part d'assurer une pratique en toute sécurité, et d'autre part, de disposer de moyens adaptés à notre région. Lors d'une manifestation à Angoulème, nous avons pu juger de l'efficacité du treuil, une formule que nous avons décidé d'adopter sur notre site".

Bernard Haintz a fabriqué le treuil, puis un second doté de 2 bobines. Après deux ans d'efforts, ceux-ci se sont vus homologués par la DGAC et la Fédération. L'un des fondateurs étant titulaire du brevet d'état, l'école put voir le jour en juillet 2002. Le club compte aujourd'hui 30 membres.

La formation initiale a lieu dans un petit cirque disposant d'entrées d'air d'Est et d'Ouest (de quoi goûter aux premières joies des turbulences !). Lorsque l'élève est à l'aise dans le maniement de son parapente, on fait appel au treuil qui le hisse jusqu'à 50 ou 100 mètres du sol. Les premiers vols visent à confirmer la sensibilité du pilotage en suivant le relief. L'étape suivante est le vol long durant lequel on aborde diverses manœuvres dont celle dite des "oreilles", en insistant en permanence à la précision de l'atterrissage. Avantage majeur du treuil : aussitôt arrivé, aussitôt reparti. On peut donc réaliser de véritables séries de séquences d'apprentissage. Quant à exploiter le vent, enrouler les tubes et utiliser au mieux les ascendances, c'est un apprentissage jamais inachevé.

Bernard Haintz : "C'est en volant à plusieurs, en observant simplement les autres libéristes - parfois même les rapaces ! -, et en tirant profit de l'expérience des autres que nous progressons nous-mêmes. Voler, c'est du bonheur à l'état pur, et la fierté de battre nos propres recors (aux Courlis : 180 km pour la distance et 4030 mètres pour l'altitude, grâce à une météo estivale exceptionnelle). Le parapente est enfin un plaisir que les vols en tandem nous permettent de partager !"


Le parapente en compétition

Parmi les endroits prisés par les sportifs en recherche de sensations, l'Ile de la Réunion occupe une place de choix. Réputée pour être le paradis des surfeurs, l'équipe de Bourbon parapente nous explique pourquoi elle est aussi celui des libéristes.

"Le relief de la Réunion, ses conditions climatiques, les alizés qui la traversent sont autant d'éléments indispensables à la pratique du parapente. Le cadre est idyllique : 250 microclimats influent sur la faune et la flore australes, donnant naissance à des contrastes de couleurs et de parfums enivrants. Et où ailleurs côtoyer en l'air les 'paille en queue', les 'papangues' et autres oiseaux tropicaux ? Où ailleurs survoler le raz du lagon en lançant un clin d'œil aux raies, tortues, requins ou baleines avant le dernier virage ?"

Inventé en 1978 dans les Alpes françaises, le parapente a rapidement adopté la Réunion. Des étapes de la Coupe du Monde s'y sont régulièrement jouées. C'est fort logiquement que l'Ile a eu l'honneur en novembre 2003 d'en accueillir la finale. L'occasion pour nous d'aborder l'aspect compétition.

Les épreuves résident en des parcours de formes différentes. Plusieurs manches donnent lieu à un classement au temps, ou par ordre d'arrivée. On distingue 4 formules. Le 'speed run' est une course de vitesse pure : une performance est chronométrée de l'instant du décollage à celui de l'atterrissage en un point donné. La 'course au but' est spectaculaire. Les concurrents prennent tous l'air et attendent le signal du starter. L'ordre d'arrivée au but donne le classement. L'épreuve de 'distance libre sur axe' est une course d'endurance où l'objectif est d'aller le plus loin. Reste le 'cat's craddle' (cumul tactique de balises). Les pilotes doivent réaliser un circuit entre des points précis. Leur survol est à prouver : la photo faisait l'affaire, aujourd'hui les relevés GPS sont de plus en plus fréquents. L'objectif est d'aller le plus loin possible jusqu'au point d'atterrissage.

La finale de la Coupe du Monde a vu confrontés 81 pilotes venus de 11 nations. 7 manches ont eu lieu. La météo aura fait frémir concurrents et organisateurs. La distance de validation (25 km) n'a d'ailleurs pas été atteinte pour l'une des manches. Jusqu'au dernier moment, le résultat fut incertain. La météo s'est finalement avérée très favorable pour un final très rapide et splendide !

En parallèle, Bourbon Parapente organisait pour les amateurs de sensations fortes et pour le plus grand plaisir du public un Challenge X'trem : l'Orange Acro Run. L'épreuve fut réservée aux professionnels du parapente, certains champions étant invités d'honneur de cette compétition. Le programme est libre. Le jugement est d'ordre technique et artistique, et s'appuie sur le règlement national. Si chacun laisse libre cours à son imagination et à son talent, l'Orange Acro Run reste exigent en terme de précision. Pour preuve : l'atterrissage avait lieu sur un ponton de 4 mètres de côté, amarré à 25 mètres de la côte ! Gageons, pour le spectacle qu'il procure et pour les qualités qu'il exige que l'Acro Run intègrera rapidement le calendrier des épreuves internationales.

Le parapente est une discipline rigoureuse où voler implique plus qu'ailleurs l'humilité du pilote. Le libériste ne peut dompter les éléments. En conjuguant la prudence, l'anticipation et une parfaite connaissance de sa voile, il peut cependant en faire ses alliés.

Aujourd'hui, l'évolution des techniques permet des pratiques plus audacieuses, et des évolutions sans limites… qui ne sont cependant pas à la portée de tous. Mais le parapente n'est pas qu'une recherche de la performance. Il est avant tout un plaisir et il compte autant de philosophies dans sa pratique qu'il y a de libéristes !

 

L'équipe net-aviation

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