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Pour l'aspect mécanique,
l'EC-135 est un régal. L'accès aux turbines est aisé.
Le rotor rigide est composé d'un nombre limité de
pièces qui sont autant de pannes potentielles en moins. Jean
Banasiak, le mécanicien, nous confie que les appareils de
nouvelle génération réclament de moins en moins
d'entretien (mais plus que ne le prévoient les constructeurs
!). Aussi son rôle a-t-il légèrement évolué
vers plus d'administratif et de gestion. Les pilotes apprécient
qu'un connaisseur en soit chargé, un gage d'efficacité.
Enfin, l'EC-135 peut accueillir une civière, accessible par
la soute ou la porte latérale, ainsi qu'une UMH complète,
en plus des 2 places pilote. L'appareil est aussi à même
de transporter l'ensemble du matériel présent dans
toute ambulance du SMUR, souvent conditionné dans des valises
spéciales sous forme de kits.
A cela s'ajoute l'ordinateur, outil
de gestion des missions. Le pilote entre en mémoire depuis
la base les données : équipe embarquée, place
à bord, quantité de carburant, équipements,
destination
un graphique représente instantanément
si la machine est conforme au vol. Des plans de vol sont aussi prêts
à l'emploi. Ils concernent les destinations régulières
comme les autres centres hospitaliers. Tout gain de temps est appréciable.
Un an au SAMU 21, c'est 800 sorties et quelque 600 heures de vol
pour l'EC-135 et les équipes médicales.
Entretien
avec le pilote
Alain
Gentine est l'un des deux pilotes affectés en permanence
à Dijon par Hélicap. A 52 ans, il totalise 8000 heures
de vol. Après 15 ans au sein de l'ALAT et de nombreuses opérations
extérieures à Djibouti ou au Tchad, il est affecté
à Nancy. C'est justement la base qui détacha en 1986
et 87 un hélico à Dijon pour les missions SAMU ; Alain
Gentine en fut le pilote. Lorsque Hélicap a remporté
l'appel d'offres du CHU, la société a fait appel à
des pilotes expérimentés. Alain Gentine a saisi l'occasion.
"Nos relations avec l'hôpital
sont très bonnes. Il existe une réelle symbiose entre
l'équipe de l'hélico et les équipes médicales.
L'ambiance est elle aussi des plus agréables
sans doute
un phénomène de jeunesse dû au nombreuses rotations
de jeunes personnels, mais aussi parce que, pour ceux qui décident
de rester, le rythme et les émotions de la médecine
d'urgence entretiennent le dynamisme ! le point commun entre nous
tous, c'est " l'amour de notre travail et le fait de tout donner
au service d'une même cause. Bien souvent l'enjeu est une
vie !"
Tous s'accordent à donner à
l'hélicoptère un rôle prépondérant.
Chose surprenante, le Dr Foissac nous affirme que malgré
son coût de revient, il peut être un moyen de faire
des économies de santé.
L'hélicoptère est trois
fois plus rapide que les vecteurs terrestres, un bénéfice
pour le malade, et pas seulement du point de vue de l'urgence médicale.
Moins de transport, c'est aussi moins de fatigue : le patient est
moins éprouvé, les équipes travaillent dans
de meilleures conditions. Les UMH sont aussi mobilisées moins
longtemps donc plus disponibles et efficaces. Tout ceci est d'autant
plus vrai que le CHU de Dijon a une vocation régionale (il
centralise entre autres le traitement des pathologies cardiaques,
des grossesses à risque, la neurochirurgie
).
Alors quels reproches ou quelles limites ? A nouveau aviateurs et
soignants s'entendent. Alain Gentine :
"Nous sommes nettement en retard sur nos voisins allemands
ou suisses, notamment par notre incapacité au vol tout temps.
Le radar reste un équipement coûteux. Mais un objet
simple élargirait notre champ d'action en nous permettant
les interventions primaires de nuit, même par mauvaise visibilité
: les jumelles de vision nocturne (Cet équipement, installé
sur un casque, permet au pilote et à son équipage
de voler de nuit et d'effectuer des recherches. Il intensifie la
lumière ambiante qu'il traduit dans des tons de verts). Toujours
classées équipements sensibles, donc réservées
aux militaires, les JVN, aujourd'hui de 4ème génération
sont des plus efficaces. La REGA en Suisse les utilise régulièrement
en configuration monopilote. Nous souhaitons tous aujourd'hui qu'elles
s'imposent dans les meilleurs délais".

©ALAT
Dans les missions SAMU, il s'agit
de réagir à une situation dans des délais records.
Un contexte de tension permanente et d'émotions contractées
sont autant de pressions supplémentaires. L'hélicoptère
reste souvent l'ultime recours, la meilleure chance de sauver une
vie. Parmi les moments marquants, des EVASAN où le vecteur
aérien a permis un gain de temps qui sauve, les changements
de dernière minute comme décider de se poser en rase
campagne pour intuber un patient en train de " s'enfoncer "
Les anecdotes légères
sont plus rares. Voici quelques mois, un appel signale au régulateur
du SAMU une victime d'un accident de la route, "très
mal, sans bras ni jambes". Une situation d'extrême
urgence et une unique préoccupation pour les deux anesthésistes
expérimentés envoyés sur place : comment perfuser
? L'hélico décolle et en quelques minutes est sur
site. L'équipe est surprise de ne trouver qu'une simple victime
de malaise
qui selon l'expression courante avait " les
bras et les jambes coupées " !
Le quotidien d'un pilote du SAMU reste
cependant l'art de piloter avec précision au service des
autres. Un métier qui exige un don de soi inconditionnel.
L'équipe
net-aviation
Voir
la 1ère partie du reportage
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