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se montrer un chasseur performant.
Un avion qui marque, c'est celui qui ne vous lâche pas
Ce fut le cas pour le III E auquel j'en ai pourtant fait voir.
Lors d'une coupe de défense aérienne, je me tenais
en alerte, brêlé sur mon siège, prêt à
mettre le contact. " Scramble ! ". Une cible est en approche,
c'est à nous de jouer ! Je roule rapidement vers la piste,
m'aligne, mets les gaz : en moins de deux minutes, je suis en l'air.
A mon retour, victorieux, j'eus à subir les moqueries complices
de mes mécanos : j'avais traîné " la pouet
" (groupe auxiliaire de puissance servant à fournir
l'énergie nécessaire au démarrage du réacteur)
sur une partie de la piste, le câble électrique ne
s'étant pas déconnecté de la prise ! ".
Le
Mirage F1
Le Mirage F1 est un cas un peu à part. La première
raison est qu'il n'a jamais été basé à
Dijon. La seconde est que sa parenté avec les Mirage III
et 2000 est vague, en tout cas d'aspect extérieur. Cependant
sa conception intervient dans cette logique d'amélioration
des capacités opérationnelles de la famille Mirage
et sa contribution dans la maturation de son successeur est évidente.
Le colonel Aguilon, 1er Commandant d'escadre opérationnelle
sur F1 est des mieux placés pour nous en parler.
Voici un avion qui était destiné à l'attaque
au sol, et à Israël. Embargo oblige, le Mirage F1 sera
le nouveau chasseur de supériorité aérienne
de l'armée de l'air ! Son carburant interne était
sans commune mesure avec celui des Mirage III. " Nous jouions
sur cet avantage lorsque nous devions affronter les Mirage III de
Dijon, d'autant plus que venant moi-même de la 2, je connaissais
les faiblesses des machines. Nous arrivions souvent en retard au
rendez-vous, histoire de grailler un peu ! Les dijonnais avaient
déjà brûlé pas mal de leur pétrole
et nous étions en position de force : on provoquait et on
marquait ! ".

Très
vite, le F1 fut équipé d'une perche de ravitaillement
en vol et de points d'emport supplémentaires. Là où
le Mirage III ne disposait que de trois missiles, dont un unique
à moyenne portée, le F1 en possédait un de
plus, ainsi que deux pods leurres/CME. Le radar quant à lui,
qui eut aussi à souffrir de défauts de jeunesse, aurait
pu faire du F1 un intercepteur idéal
s'il avait eu
des missiles vraiment performants !
" Conçu pour travailler à basse altitude,
le F1 y avait un comportement exemplaire. Aujourd'hui, l'armée
de l'air l'utilise sous deux versions : CR
et CT, reconnaissance et attaque. L'histoire a donc redonné
au F1 sa place chez les muds
".
Le
Mirage 2000 RDM
Dans les
années 80, le Mirage III E, et son partenaire F1C étaient
certes des valeurs sûres, éprouvées dans divers
conflits. Mais leurs opposants potentiels étaient des appareils
d'une nouvelle génération de chasseurs. Dijon fut
alors à nouveau désignée pour accueillir le
nouveau fleuron de la chasse française, le Mirage 2000.
A nouveau, l'escadre servait de test grandeur nature, pour un appareil
prometteur
Sa mise en uvre fut à nouveau délicate.
C'est cette fois en tant que pilote de marque du Mirage 2000 que
le colonel Aguilon peut nous parler de la bête.

©Sirpa
Air
"
Pour la première fois en France, un appareil de combat était
conçu comme un système d'armes. J'étais d'ailleurs
l'un des premiers pilotes à défendre le balayage sectoriel
des radars. C'est la technologie que l'on emploie aujourd'hui sur
les nouveaux appareils ! Nous étions alors aux débuts
de l'informatique embarquée et dire qu'à cette époque
le moindre ordinateur performant occupait un espace de 10 m3 peut
sembler incroyable
et pourtant ! C'était aussi l'époque
des tables de situations et de l'identification ami/ennemi (friend
or foe). Le collimateur tête haute donnait toutes les informations
instantanées nécessaires à la conduite d'une
mission... Un outil qui effrayait presque les pilotes des Mirage
III, F1 et autre Jaguar, dont on ne pourrait plus se passer aujourd'hui
! Toute cette technologie était adjointe à une voilure
dont on connaissait les avantages, notamment en terme de maniabilité,
et qui fut modifiée pour contenir plus de carburant. A cela,
ajoutons un réacteur, qui après des débuts
délicats, saura se rendre des plus fiables, et les fameuses
commandes de vol électriques, une grande première
dans l'aviation militaire ".
L'appareil semblait providentiel
à deux exceptions
près. D'une part, l'armée de l'air n'a pas retenu
une proposition pour deux points d'emport de voilure supplémentaires,
limitant à quatre le nombre de missiles emportés.
D'autre part le Radar Doppler Multirôle des premières
versions, celles qui furent basées à Dijon, avait
une technologie de retard par rapport aux autres appareils de sa
génération, et par rapport au potentiel du 2000. Cependant,
l'appareil eut l'occasion de prouver son efficacité en opérations
extérieures ou lors d'échanges.
Dijon
ne reçut jamais de Mirage 2000 C équipés du
Radar Doppler à Impulsion qui lui était pourtant destiné
à l'origine, il fut remplacé à la hâte
par le RDM afin que le nouveau Dassaut puisse enfin être opérationnel.
Le RDI fut le radar qui donna au Mirage
2000 la place qu'il méritait dans la défense aérienne
européenne des années 90.
Les
biplaces de Dijon
Dijon,
c'est aussi le 2/2, souvent surnommé l'Académie de
la Chasse. Equipée de Mirage
III B et III BE, puis de Mirage 2000 B (chacun de ces types
entrant en service après le monoplace équivalent),
le " Côte d'Or " a formé plusieurs générations
de pilotes. Outre, les pilotes français, la base a aussi
dispensé ses précieux services à la majorité
des états volant sur Mirage dans le monde. Le dernier en
date est Taïwan, bien que la base n'ait plus compté
de biplace en ligne.

©Sirpa
Air
En
effet, la transformation sur Mirage 2000 a rejoint la base d'Orange
lorsque Dijon a reçu les -5. Jusqu'alors, c'était
aussi le 2/2 qui était en charge de la présentation
Alpha du Mirage 2000, dont nous avons croisé deux pilotes
à l'occasion d'autres reportages (Thierry Lang : les Canadairs
de la Sécurité Civile et François Ponsot :
Apache Aviation).
Le 2/2 eut donc la même renommée au sein de l'armée
de l'air que les Cigognes. Il reste aujourd'hui une unité
prestigieuse.
Aujourd'hui,
le " - 5 F "
Chacun
des Mirage, malgré une personnalité très marquée,
a respecté la tradition familiale. Chacun d'eux fut un bon
avion dans son époque. Les phases de mise en place d'un nouvel
appareil, comme Dijon en a régulièrement eu la tâche,
sont nécessairement délicates et hésitantes.
Des solutions de terrain furent à chaque fois trouvées,
les machines rendues opérationnelles : les pilotes n'avaient
plus qu'à donner le meilleur de leur savoir-faire. D'autre
part, chaque appareil à su réutiliser à bon
escient les qualités de son prédécesseur et
améliorer ses performances à tous les plans. Le Mirage
2000-5 F en est le meilleur exemple :
-
plus de kérosène en interne et en externe (5000 litres),
ravitaillable en vol, donc autonomie accrue,
- utilisation d'un réacteur éprouvé disposant
d'une bonne puissance instantanée,
- commandes de vol électriques permettant de tirer profit
de toute la manoeuvrabilité de la machine,
- 6 missiles, dont 4 à moyenne portée, et bientôt
deux missiles IR de nouvelle génération,
- un radar RDY à capacité multicible et portée
accrue,
La
grande nouveauté est à l'intérieur : le -5
est une petite merveille technologique, où les cadrans ont
cédé la place à des écrans permettant
un dialogue permanent pilote/machine.

©Sirpa
Air
La
Base aérienne 102 est consciente d'avoir en son sein le fleuron
de la chasse européenne, capable de rivaliser avec tous ses
contemporains et soutenant la comparaison avec eux en terme de technologie
de pointe.
Le
Mirage
Toute une famille d'avions qui a su résister
à ce paradoxe : contexte politique et mission attendue /
réalité opérationnelle. Chaque maillon de la
chaîne a su tirer des enseignements des lacunes de son prédécesseur,
tout en en gardant le meilleur des qualités. Le Mirage, c'est
l'adaptabilité et l'efficacité !!! Aujourd'hui, la
technologie et la fiabilité d'emploi des Mirage-5 F notamment,
témoignent de cette tradition française de savoir-faire
aéronautique.
Voilà pourquoi Dijon est fière d'être la base
du Mirage. Voilà pourquoi ceux qui l'ont pratiqué
en sont passionnés.
L'équipe
net-aviation
Voir
la 1ère partie du reportage
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