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SECURITE CIVILE : SECTION CANADAIR

- Rencontre avec les pompiers du ciel -

Au sein de l'Armée, on dit souvent que la motivation, l'entraînement, l'investissement ne suffisent pas à faire un excellent chasseur. L'instinct fait la différence.
L'instinct, c'est la capacité naturelle, ou devenue naturelle, à s'adapter efficacement à toute situation.
Le métier des pilotes de bombardiers d'eau de la Sécurité Civile laisse une grande place à cet instinct mais n'en dépend pas exclusivement.
Nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs de ces pilotes sur la base de Marignane, en mai 2002.
Vous verrez que leur métier, simple au premier abord puisqu'il consiste à éteindre des feux avec un avion, requiert des compétences spécifiques qui en font des pilotes très particuliers.

Les appareils les plus connus de la composante aérienne de la Sécurité Civile sont couramment appelés " les Canadairs ". La plupart des gens ne savent pas qu'il existe d'autres types de bombardiers d'eau que ces gros avions aussi appelés " pélicans jaunes ". Rares sont ceux qui savent que Canadair est le nom du constructeur, filiale du groupe Bombardier, qui produit entre autres des avions de ligne. Cet abus de langage est la preuve de la réussite de ces appareils et de l'image de noblesse et d'efficacité qu'ils ont pris dans nos cœurs.

 

Un peu d'histoire

Au début des années 60, la protection civile française achète à la société canadienne Canadair, 4 hydravions de la seconde guerre mondiale modifiés en bombardiers d'eau : des PBY Catalinas. En 1969, la firme canadienne conçoit le CL-215, premier avion amphibie spécialement conçu pour la lutte contre les incendies.
Après plus de 25 ans de bons et loyaux services et preuve de l'efficacité de l'engin, le CL-215 cède la place en 1995 à une version modernisée : le Canadair CL-415.


Le Canadair CL - 415 : une "monture" impressionnante

Ce gros avion trapu (près de 20 mètres de long pour 30 mètres d'envergure), pourvu d'une coque de bateau et
doté d'une voilure haute classique mettant les hélices hors de portée de l'eau, prend progressivement, un peu partout dans le monde, la relève de son prédécesseur. Nul doute de la parenté des deux appareils…

Eh oui ! Extérieurement, on dirait les mêmes ! Les gros moteurs en étoile ont cédé leur place à des nacelles plus longilignes et protégées des souillures d'échappement des nouveaux turbopropulseurs. Quelques dérives auxiliaires sur les plans horizontaux, des winglets en bout d'ailes et voilà le tout.

En ce qui concerne la Sécurité Civile, le rajeunissement est aussi visible dans une robe

particulièrement moderne et seyante, étudiée pour améliorer son image mais également conforme à la tradition et aux exigences de sécurité en vol.

A l'intérieur non plus, la différence n'est pas flagrante. Le compartiment arrière est toujours vide dans presque toute sa longueur. Quelques banquettes d'un confort douteux, le réservoir de retardant sous l'une d'elles, et les deux grosses cuves accueillant les 6 tonnes d'eau largables jouxtent les niches du train principal. Si l'on peut toujours ramper sous la planche de bord pour passer dans le nez de l'appareil, (détail insolite), c'est justement cette planche qui témoigne d'un appareil de toute dernière génération.

Les cadrans ont disparu et ce sont des écrans qui donnent instantanément aux équipages des informations en quantité. Toutes ne sont pas utiles pour des navigations courtes et des phases d'attaque de foyers d'incendie… Enfin, nos hôtes auraient pu dire que par ces moments là, on s'en fout !

Ceci dit, le pilotage en est largement facilité. Les performances sont loin d'être impressionnantes (vitesse maxi proche de 200 kts, et vu la voilure, c'est déjà bien !) pour d'anciens pilotes de chasse. Il faut savoir que l'appareil de 20 tonnes, allégé instantanément de 6 tonnes d'eau lors du largage, a besoin d'une ressource en gaz et ceci est d'autant plus vrai en zone montagneuse. Le gain de puissance par rapport au CL-215 est alors appréciable.
L'appareil est efficace et fiable. Les équipages nous ont parfaitement communiqué leur confiance et leur attachement à ces avions éprouvés.

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