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"Pich " 3500 HDV.
19 ans : Bac C.
22 ans : Concours aéronavale.
24 ans : Navigateur aérien sur Alizé et porte avions.
36 ans : Navigateur aérien confirmé sur ATL 2 à la 21F.

 

Après un brevet de pilote privé, une expérience en aéroclub dans l'entretien des avions et l'image de Maverick dans un coin de ma mémoire, je me présente au concours de l'aéronavale. La sélection est rude et sans appel : Y2 ! Trop juste en ce qui concerne la vision du relief ! La carrière de pilote dans l'aéro s'envole !! Mais les regrets sont de courte durée quand le psy me propose une place de navigateur aérien.

La formation (et sélection !) dure 15 mois avec près de 200H sur N 262 et sur PA 31. C'est le temps des premiers vols à l'étranger. Puis, affectation dans "la chasse diesel" sur Alizé. Je me souviens encore des premiers mots du commandant de formation : "j'espère que vous êtes célibataire car chez nous, vous n'aurez pas le temps de batifoler !!". "Bien sûr !", lui avais-je répondu en ayant une pensée discrète pour ma copine qui venait juste d'arriver à Nîmes.

Il s'ensuivit encore 15 mois de formation sur l'avion, avec l'apprentissage de tous les circuits, des paramètres moteur et de la tactique. C'est simple, le nav pouvait être amenée à tout faire : copilote, mecbo, tacticien. Le plus dur ? les manipulations de feux lors des rassemblements en patrouille, sortir le train en secours avec un levier éprouvant à utiliser, et surtout supporter l'équipement de survie indispensable mais très contraignant pour les vols maritimes.

Je vais alors connaître mes premières joies et mes premières frayeurs.
La joie des dogfights improvisés ! Nombre de chasseurs modernes se souviendront qu'il est très difficile d'engager un avion plus lent qu'eux !

Et les embarquements s'enchaînent avec leurs lots d'anecdotes :

Anecdote 1 : Vol annulé.
Un jour après le démarrage du moteur sur porte-avions, je sors le GPS portable de ma sacoche, je le positionne sur le tableau de bord et je rentre rapidement la position géographique dans l'oméga. Je ressaisis le GPS pour le ranger avant le catapultage, mais trop vite et celui-ci tombe en arrière dans le compartiment moteur ! J'annonce la nouvelle à mon pilote qui est obligé d'annuler le vol alors que nous étions presque alignés sur la catapulte. Je redescends tout penaud en salle d'alerte après avoir aidé les techniciens à réparer ma bévue. Il faut dire pour ma défense que le GPS était fixé sur le tableau de bord par une seule bande velcro !

Anecdote 2 : Maewest capricieuse.
Le navigateur avait un rôle primordial et la conduite machine se faisait obligatoirement à deux. Un jeune pilote se retrouvait systématiquement avec un vieux nav et vice versa. J'héritais donc pour mes premiers embarquements d'un vieux chibane. Après quelques appontages et catapultages, j'étais familiarisé avec le circuit d'appontage et je prenais un énorme plaisir à sortir la fameuse crosse d'appontage par gravité. Mais les vols se suivent et ne se ressemblent pas ! Au retour d'un vol d'entraînement, j'allais appuyer sur le minuscule bouton de la crosse quand soudain ma maewest se déclencha ! En une seconde, je ressemblais à un bibendum, incapable de se mouvoir et d'apporter la moindre aide à son cocher dans cette phase délicate qu'est l'appontage. Le pilote chevronné rigola de cette situation et se débrouilla seul. Je descendis péniblement de l'avion sous les regards compatissants de tous les techniciens.

Anecdote 3 : Mission d'interception.
En mer Adriatique, l'Alizé effectuait quotidiennement de bonne heure une reconnaissance maritime appelée "Surpro" autour du porte avions . Au cours d'une de ces missions, le contrôleur aérien du Foch nous informa de la présence d'un écho air sans IFF dans son volume et il nous dirigea dessus sans succès. Deux jours plus tard, le contrôle perçoit le même phénomène. Il nous guida alors en cap et distance le plus précisément pour interception. Au bout de quelques minutes, le contrôleur nous questionna : "Vous êtes dessus. Avez-vous visuel ??" "Non, rien", quand tout à coup nous hurlons : "visuel ! un drone ! c'est un drone !!" C'était effectivement un drone américain en vol expérimental depuis une plateforme proche du Clémenceau.

Avec la fin de l'Alizé, j'ai quitté l'ambiance "chasse" pour un univers différent, celui de la patrouille maritime. Ce qui change c'est sûrement le nombre de membres d'équipage : 14 ! Chacun est à sa place ! Toutes les missions sont encadrées par des messages pour pallier à toute défaillance ! L'ATL 2 reste un des rares avions à être employé de plus en plus, n'importe où dans le monde pour des missions très diverses . La cohésion est le maître mot de la réussite des missions . Il n'est pas rare en effet que nous passions plus de temps en équipage qu'en famille ! L'entente est donc primordiale !

 

 

Parcours de pilote mis en ligne le 15/01/2006
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